safi-hitman Joueur Occasionnel

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Posté le: Lun Juin 16, 2008 5:45 pm Sujet du message: Ninja Gaiden II arrive enfin sur Xbox 360 |
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Ninja Gaiden
II
Considéré comme
l'un des jeux d'action les plus fantastiques et
plus exigeants de ces dernières années, Ninja
Gaiden se dote aujourd'hui d'une suite. Une suite
dans laquelle les petits gars de la Team Ninja se
sont manifestement lâchés. Plus violent que
jamais, plus nerveux, plus intense, le titre
impressionne et fascine mais n'en évolue pas moins
à l'ombre de ses anciens démons.
Les pouces meurtris, les traits tendus, les joues
baignées de larmes de sang, assis au milieu des
débris épars d'un pad vaporisé dans un élan de
rage, exaspéré, furieux d'avoir à reprendre pour
la vingtième fois le même combat contre un boss
récalcitrant, le joueur de Ninja Gaiden ne vous en
dira pas moins que ces instants de frustration
totale constituent pourtant une source de grande
jouissance. Un bien étrange paradoxe aux relents
masochistes, qui une fois encore, prend corps à
travers le travail de la Team Ninja et de Tomonobu
Itagaki, grand malade devant l'éternel. Car avec
ce Ninja Gaiden II, l'art de la baston atteint
probablement son apogée. Ici, la traversée de
chaque salle se mue en défi et chaque affrontement
en une lutte à mort, cruelle, insoutenable tout
autant que majestueuse. Car c'est un fait, tout ce
que Ninja Gaiden nous fait subir de vicieux, de
retors et d'injuste, il l'efface d'un geste en
nous offrant l'intense satisfaction de la
victoire, du geste parfait et du combat ultime
dominé de bout en bout. Pourtant si les
affrontements de ce nouvel opus frisent
l'excellence, on ne pourra pas en dire autant de
ce scénario anémique, sans doute écrit sur un
string de lilliputienne un soir de beuverie. Mais
cet aspect précis du jeu étant peut-être
susceptible d'intéresser une certaine catégorie de
joueurs désaxés, il nous faut donc étudier
brièvement le scénario à la base de ce monstrueux
défouloir.
Les deux héros
dans toute leur splendeur.
Une fois encore, notre bon vieux hachoir sur
pattes, la terreur des assurances-vie, j'ai nommé
Ryû Hayabusa, se retrouve confronté aux membres du
clan de l'Araignée Noire, manifestement déterminés
à lâcher les pires démons de l'ancien temps sur le
monde. Pourquoi ? Parce que c'est fun, et que
c'est là le seul moyen de mettre un terme aux
couinements infâmes des Star Académiciens. Pour
couronner le tout, les méchants seront aidés de
démons mineurs qui n'oeuvrent ensemble que pour
préparer le retour de leur maître, terminateur de
mondes et grand amateur de jambon. Pour les en
empêcher, Ryû n'a plus qu'à convaincre l'ennemi à
grands coups d'objets contondants dans les
parties. Le héros néanmoins, bénéficiera du
soutien moral et logistique de Sonia, une
midinette de la CIA toute de cuir vêtue et qui,
soyons honnêtes, ne sert essentiellement qu'à
exhiber ses nombreuses protubérances plus ou moins
plastifiées. Bien évidemment initiée au Japon,
cette noble quête entraînera notre héros aux pieds
de la Statue de la Liberté, dans les canaux de
Venise ainsi que dans d'autres endroits plus
étranges et incongrus, dans lesquels vous n'iriez
sans doute pas même si on vous proposait un billet
gratuit.
Alors ? On fait
moins le malin sans son bras ?
Quatorze niveaux en tout, tous bien linéaires,
mais pourvoyeurs d'une action dévastatrice et
fondamentalement addictive à apprécier pendant une
quinzaine d'heures. Ryû a donc du pain sur la
planche et du gigot à ficeler. Et si les fans
découvriront bien quelques sympathiques surprises
scénaristiques le long de cette longue route
ensanglantée, les nouveaux venus qui attrapent la
série au vol n'auront pas la moindre raison de se
sentir perdus. Car au final, Ninja Gaiden II
n'exige aucunement que l'on comprenne quoi que ce
soit. Non, tout ce qu'il souhaite et tout ce qu'il
offre, ce sont des hectolitres d'hémoglobine et
des barquettes de bidoche. Et cela passe bien
évidemment par une revue succincte des outils de
travail du guerrier.
Et sans son...
euh... haut ?
Fidèle à ses habitudes, Ryû ne commence l'aventure
qu'avec sa Dragon Sword et ses shurikens en mousse
(dont la seule utilité est de maintenir votre
jauge de combos en forme), mais heureusement
d'autres joyeusetés ne tarderont pas à rejoindre
son beau râtelier. Entre votre épée, les lames
doubles, le Bâton Lunaire, la faux attachée au
bout d'une chaîne et les griffes mortelles, on
aura de quoi faire. Au total, ce sont 8 armes de
mêlée en tout qui vous attendent au détour des
couloirs littéralement inondés d'embûches du soft.
8 instruments de mort auxquels viennent s'ajouter
un arc, des couteaux de lancer explosifs (kunaï),
une gatling sous-marine et d'autres jolies
surprises. N'oublions pas non plus les bonnes
vielles attaques magiques à base de Ninpo. Tous
ces instruments imposent bien évidemment leur
propre style de combat et une batterie de coups
différente, qu'il faudra chaque fois apprendre à
maîtriser. Sachez en outre que toutes les armes,
ainsi que chaque pouvoir, peuvent être améliorés
dans l'une des boutiques présentes sur votre
route. Et chaque amélioration débloque de
nouvelles possibilités de combos, ajoutant une
couche de richesse supplémentaire au système de
combat déjà bien touffu.
La magie est
toujours aussi impressionnante.
Pourtant, le tout part très simplement, avec une
parade, une attaque rapide et un coup de bourrin.
Comme par le passé, il suffira de maintenir une
touche enfoncée pour absorber les orbes de karma
lâchés par des ennemis éventrés afin de déclencher
une supra pluie de mandales. Mais combiner le
tout, ainsi que les joyeux sauts de cabri et les
courses sur les murs font déjà opérer la magie. Le
ballet prend forme et s'emballe au rythme des
geysers de sang et des démembrements pléthoriques.
Les entrailles volent, les crânes explosent et la
violence devient art. Ninja Gaiden II s'avère
suprêmement gore et permet effectivement de
découper soigneusement les adversaires. Mais
prenez garde, arracher un bras ou une guibolle à
un ninja ou un démon ne le mettra pas forcément
hors de combat, bien au contraire. Même avec un
membre en moins, les saligauds insistent et
réclament un deuxième service. Très vite, vous
devrez prendre le réflexe d'achever tout le monde
en appuyant sur la touche Y, à laquelle est
maintenant associé un finish move, destiné à
terminer avec classe un adversaire blessé. Sans
cela, vous courez effectivement le risque de vous
retrouver avec une attaque sournoise d'un
démembré. Hop, un moment d'inattention, et on vous
agrippe la cheville pour mieux vous faire péter
une grenade à la tronche.
Quelques petites
"énigmes" vous attendent.
Aussi incongru que cela puisse sonner, ces
incroyables projections de viscères dans la
stratosphère confèrent donc une véritable ambiance
au jeu, une certaine forme d'esthétisme également.
Quoi qu'il en soit, l'ensemble a indéniablement
gagné en dynamisme et peut-être aussi en
confusion. Les rencontres sont plus violentes que
jamais, plus rugueuses et plus difficiles à
négocier que par le passé. Car les ennemis aiment
véritablement à vous agresser en groupes massifs,
ne vous laissant que très rarement le temps de
vous remettre de vos émotions. A ce titre, notez
que Ninja Gaiden II propose 4 niveaux de
difficulté, dont 2 devront d'ailleurs être
débloqués à la dure. Le mode le plus facile en
revanche, permettra enfin aux joueurs les moins
doués d'avoir une chance d'atteindre le bout du
tunnel. Attention, cela n'est pas à dire que le
jeu en deviendra une promenade de santé pour
autant. Ninja Gaiden II reste fidèle à la formule
qui a fait le succès de son prédécesseur et
propose un challenge extrêmement relevé, destiné
aux joueurs les plus courageux. Pour le coup, les
chasseurs de succès trouveront en lui le défi
ultime, impitoyable jusqu'à l'absurdité.
Toutefois, il est vrai que les checkpoints sont
plus nombreux et mieux placés qu'auparavant.
Succomber face à un boss par exemple ne vous
renverra plus à l'autre bout d'un niveau, mais
simplement au début du combat.
Les finish moves
sont gores à souhait.
Ninja Gaiden II se différencie également de ses
aînés par son système de vie qui se régénère après
chaque combat, permettant du même coup de lâcher
plus de monstres que jamais sur Ryû. Attention
tout de même, selon le niveau de difficulté
choisi, vous subirez une quantité variable de
dégâts permanents matérialisés par une zone rouge
dans votre jauge d'énergie. Relativement tolérant
pour les débutants, ce système ajoute en fait de
la tension dans les niveaux de difficulté
supérieurs, ainsi que dans le dernier tiers de
l'aventure, incontestablement le plus intéressant.
Mais la difficulté traumatisante du jeu tient
encore une fois à la gestion douteuse de la
caméra, qui semble plus destinée à mettre en
valeur les performances martiales du héros qu'à
vous permettre de distinguer clairement toutes les
menaces. On se retrouvera même régulièrement
aveugle, forcé de repositionner la caméra
manuellement dans le feu de l'action. Vrai, la
bête se montre plus dynamique, mais suivre un Ryû
sous amphétamines de guerre n'a jamais été aussi
difficile.
On aura également
droit à quelques superbes cinématiques.
Plus équilibré, plus stylé, Ninja Gaiden II n'en
accuse pas moins quelques autres faiblesses,
d'ordre technique notamment. Ainsi, même si le jeu
impressionne par la fluidité de ses combats et sa
rare brutalité, il se contente parfois de décors
insipides et de textures pauvrettes. Les
environnements, parfois somptueux, peuvent
effectivement sombrer dans le domaine de
l'utilitaire sans âme au détour d'un couloir. On
notera également des chargements intempestifs en
plein combat. Ce dernier aspect n'est pas
véritablement gênant, car finalement assez rare,
mais tout de même. Hélas, ceci s'associe parfois à
quelques méchantes saccades lorsque l'action
devient frénétique et que les ennemis se montrent
en masse. Lors du test, votre humble serviteur
aura même pu constater des problèmes de synchro
entre l'image et le son (anglais seulement), voire
la disparition totale de ce dernier pendant une
cinématique. Mais ces derniers petits soucis
pourront peut-être être imputés à la version
Review qui nous a été envoyée. Des infos à prendre
avec des pincettes donc, sur lesquelles nous
reviendrons probablement lorsque nous disposerons
d'une version commerciale.
Voici l'une des
armes les plus plaisantes du jeu. Elégante et
puissante.
Quoi qu'il en soit, même si Ninja Gaiden II ne va
pas sans son cortège de défauts, il s'érige tout
de même en immense morceau de bravoure, puissant,
viscéral et impitoyable. Un titre d'action
dévastateur à ranger aux côtés des meilleurs
représentants du genre et qui se prête
admirablement bien aux délires de ces gamers
fanatiques, prêts à rejouer encore et encore les
mêmes séquences afin d'atteindre la perfection
(dans les limites de ce que peut vous permettre
une caméra souvent moribonde). Enfin, comme une
cerise rouge sang sur un immense gâteau à la
crème, le Team Ninja offre le rêve aux meilleurs
joueurs : la possibilité de partager leurs
exploits guerriers. Le jeu vous permet
effectivement d'activer un mode Cinéma qui
enregistre les replays de vos parties, que vous
pourrez ensuite échanger sur le Live. Tout cela
venant évidemment compléter les traditionnels
tableaux de scores et autres leaderboards. Car la
reconnaissance, c'est peut-être là la récompense
ultime du joueur qui devra consentir à tous les
sacrifices pour profiter à fond de poème de tripes
et de sang.
Graphismes :
Une fois encore, Ninja Gaiden nous écrase par la
virtuosité de ses animations. Les coups suintent
la rage la plus absolue, les chocs sont durs et
sanglants et le résultat à l'écran en devient
magnifique. Les décors en revanche, ne jouent pas
vraiment dans la même catégorie que ceux de son
principal rival, Devil May Cry 4. On profitera
cependant de quelques superbes environnements,
notamment dans le dernier tiers du jeu. Enfin,
lorsque l'adversaire se présente en nombre, le jeu
nous inflige de méchantes saccades, à mettre dans
le même sac que ces chargements intempestifs. Rien
de rédhibitoire, mais ces petits défauts jettent
tout de même une ombre sur un tableau autrement
fantastique.
Jouabilité
:
Jouissive et intuitive, la jouabilité fait corps
avec un gameplay prônant le spectacle et la
brutalité. Exterminant vos ennemis avec classe,
style et désinvolture, vous observerez un
véritable ballet, sublimant les combats. Les fans
peuvent d'ailleurs êtres rassurés : la profondeur
est bien là, au même titre que la difficulté.
Hélas, le rôle du rabat-joie de service incombe
encore une fois aux caméras, souvent brouillonnes
et préférant de toute évidence l'esthétisme à la
clarté.
Durée de vie
:
Quatorze chapitres que seuls les plus grands
guerriers seront à même de traverser. On note
toutefois que le premier mode de difficulté
laissera enfin une chance aux gamers besogneux.
Comptez tout de même une quinzaine d'heures pour
voir la fin de cette ode à la tripaille et à
l'action non-stop. Les fans pourront même partager
leurs faits d'armes sur le net, grâce à un système
de replay à activer à volonté.
Bande son
:
Bruitages pêchus et musiques timides constituent
le fond sonore de cette aventure. L'ensemble est
cohérent mais n'a pas toujours la trempe de ce qui
apparaît à l'écran.
Scénario :
Ninja Gaiden II se contente du strict minimum en
la matière, mais le principal ne se trouve pas là.
On appréciera cependant les cinématiques lors
desquelles Ryû crève littéralement l'écran.
En Générale
:
Gigantesque défouloir, immense pourvoyeur de
tripaille, Ninja Gaiden II ne trahit en rien son
illustre prédécesseur pas plus qu'il n'améliore la
solide formule de la Team Ninja. Le jeu se fait
tout simplement l'esclave du plus : plus nerveux,
plus gore, plus épique aux dépends probablement,
de la magie et de la lisibilité de l'action. Reste
l'un des softs les plus sauvages de ces dernières
années, à consommer sans la moindre modération, si
toutefois vous en avez le courage.
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